Nom de domaine, ego.com

“Mais bon sang de bois, quel nom de domaine? Quel nom de domaine pour exister dans ce salmigondis, ce fouillis infini sans fin et sans début qu’est le world wide web?”

C’est une question qui me démangeait il y a quelques mois, alors que je commençais à réfléchir à ma reconversion professionnelle. Je venais de quitter mon entreprise de conseil en informatique après 20 ans de service et un bon gros raz le bol, une perte de sens graduelle et pour finir totale, le genre de truc qui bout un bon moment avant de déborder.

Oh, dès le début, mon métier n’avait pas vraiment eu d’autre utilité que de fournir un revenu à mon foyer, un socialement acceptable “début de carrière” que j’ai suivi tel un long fleuve tranquille. Exemple typique d’une certaine éducation à la française : je n’ai jamais choisi ma voie. J’ai bossé comme un âne en prépa, suis entré par hasard dans une école d’ingénieurs que j’ai “choisie” en fonction de mon classement aux concours, et faute d’avoir des idées d’envies, j’ai atterri dans ce qu’on appelle maintenant un “job à la con”, mais à l’époque, c’était juste un job dans l’informatique. Alors, pourquoi pas, m’étais je dit, il faut bien vivre! Et puis bon, la vie a fait que j’y suis resté 20 ans.

Bien entendu tout ne m’était pas insupportable, c’était même plutôt confortable : j’avais un salaire qui me permettait de vivre comme je l’entendais sur le plan matériel, et des conditions de travail “favorables à un épanouissement extra professionnel”. En parallèle je subissais une pression toujours croissante, en phase avec l’informatisation au pas de charge du monde merveilleux de l’entreprise entamée dans les 90s, une reconnaissance inexistante de la part de ma hiérarchie, et cette question lancinante que je voyais grandir toutes les nuits : “mais à quoi ça sert, tout ça?”.

Je me suis subitement décidé à quitter le navire, sans plan B. J’étais mort de trouille mais à ce stade c’était nécessaire afin de pouvoir envisager autre chose, je baignais dans mon jus depuis trop longtemps. Une reconversion en milieu de vie, on est sur un terrain largement documenté, mais qui implique certaines précautions, en premier lieu celle de prendre son temps. J’ai un peu tergiversé, exploré quelques pistes, et ça s’est imposé rapidement : je serai prof de Yoga. Ca fait quand même bizarre quand on prononce ces mots à 45 ans, d’ailleurs je ne me suis pas encore vraiment habitué… je reviendrai en détail sur les raisons de ce choix dans la prochaine note de ce blog.

J’en reviens donc au nom de domaine : poser la première pierre, trouver une identité qui me définisse, professionnellement. Car il faut bien vivre avec son temps, et une bonne partie du travail consiste à se faire connaître dès lors qu’on envisage une activité en libéral.

Un matin, je me suis réveillé avec en tête une idée qui m’apparut comme un trait de génie :  www.liveonceyoga.com – yoloyoga.com étant déjà pris, mince. Aussitôt j’ai déposé le nom de domaine, créé la page facebook, commencé à travailler sur un logo… Pour rapidement me rendre à l’évidence que le message était quand même confus, d’ailleurs même pour moi… Poubelle! (le nom de domaine est bientôt disponible, si vous êtes intéressé).

Ensuite j’ai pensé simplicité, un haiku.com, une fulgurance, un truc éblouissant, mais tous les noms de domaine en deux ou trois lettres étaient déjà pris… C’est à ce moment là que je suis parti en Inde pour suivre une formation de Yoga, très loin de ce genre de préoccupations, il était grand temps d’entrer dans l’action.

Depuis mon retour, dans le cadre de la structuration de mes activités à venir – en clair proposer des cours de Yoga, rien de foncièrement novateur –  j’ai réalisé que ce que j’allais proposer au monde, c’était moi, et rien d’autre. Ma pratique du Yoga, nourrie par les enseignements que j’ai reçus et intégrés, mais aussi ce que j’ai appris et continue d’apprendre via différents sports, le surf, la nutrition, mes études et mon parcours professionnel, ma curiosité scientifique, le milieu médico sportif dans lequel j’ai grandi,…, tout ça constituait ma proposition de valeur, pour parler novlangue.

Trupta, mon magnifique professeur de Yoga indien, dit qu’en Yoga on ne peut transmettre que ce qu’on qu’on a soi même expérimenté. Ca peut s’appliquer à beaucoup de domaines, mais c’est particulièrement juste en Yoga, où la transmission d’un ressenti implique d’abord d’avoir ressenti.

Et c’est là que j’ai eu une idée géniale : mon nom de domaine serait…. www.alexandremegret.com Tataaa!

(et ça tombe bien, c’était disponible)

Ainsi, je vous proposerai sur ce blog des points de vue, des réflexions et des digressions sur le Yoga en relation avec des thèmes qui suscitent chez moi un intérêt particulier. Ensuite ce sera aux lois d’attraction de l’Internet d’opérer, au tropisme algorithmique et social de faire son oeuvre, pour qu’un jour peut être nous nous croisions sur un tapis, qui sait!

A très bientôt!

Alexandre

13 réponses sur “Nom de domaine, ego.com”

  1. Belle entrée en matière. Je te souhaite de t ‘épanouir dans cette nouvelle fonction . Je t adresse pleins de bonnes vibes. Comme tu dis à bientot sur un tapis…
    Namasté

  2. Beau temoignage en effet d’une reconvertion professionnelle. Clair et concis, tellement concis qu’on a l’impression que ça s’est fait en un claquement de doigt. J’imagine malgré tout que la route fut comme toutes les routes, avec quelques nids de poule, pour rester soft. Tu dois en faire rêver plus d’un.
    En tout ca pourrait bien me donner envie de faire (enfin) un peu de yoga.
    A bientôt

    1. Le claquement de doigt continue à résonner… et tu as raison, c’est bien connu, rien n’est simple, mais là j’ai l’impression que tout ne se complique plus 😉
      Merci Anita pour tes gentils mots, à très bientôt!

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